Rafoufou

Inscrit le : 25 Oct 2007 Messages : 78
| Sujet: Haikus profanes Ven 6 Juin - 20:14 | |
| Inspiré par les quelques haïkus de Veritseger, je me suis lancé à la recherche de sites sur les haïkus, et là, j'ai eu comme une illumination (comme dirait Rimbaud) en lisant ces petits textes pleins de bon sens... Des tas d'idées que ne savait comment écrire on trouvé là une forme simple et appropriée. Résultat, j'ai été tout de suite inspiré et je me suis à en écrire plein, comme ça, en une soirée. En réalité, il ne s'agit pas bien sûr de vrais haïkus : déjà, je ne sais pas écrire en japonais, ensuite je n'ai pas fait très attention au métrage ( 5-7-5 syllabes pour les haïkus en français, mais ce métrage est critiqué car tout les petits mots de liaisons en français n'existent pas en japonais) et traditionnellement, chaque haïku doit contenir une notion de saison (d'où tout ces oiseaux, fleurs, pluie et neige etc.). En bref, il ne s'agit que de haïkus profanes, l'esprit du court instantané sur de petites choses étant la seule caractéristique conservée. Voilà ! Bonne lecture, tous les haïkus de l'article à suivre sont issus de la même soirée prolifique. D'autres viendront surement !
Dernière édition par Rafoufou le Ven 6 Juin - 20:25, édité 1 fois |
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Rafoufou

Inscrit le : 25 Oct 2007 Messages : 78
| Sujet: Textes du 4 juin 2008 Ven 6 Juin - 20:23 | |
| Apprivoiser l'opale fine contre l'étendue verte
Un aigle, un bouchon pour empêcher le ciel de couler
Moitié de sourire silence pénombre
Le grain se sable enregistre la violence des mers
J'observe l'alentour des ruines de forêts des rimes claquent
Agitation démence sous la fourmilière
Une escouade de rimeurs vont replier la couverture terrestre
L'aurore accouche du jour cri du matin dans le demain
Drôle de dédale les intestins du destin
Et je soulève le froid capturer l'insoluble devient facile
Les citadins transpirent la multitude
Ce qu'on écrit ne rime même pas ne rime à rien
Fixé sur la toile l'insecte attend son heure sans bouger
Peuple du seul du pourquoi se fait personne
Des doigts sur le rebord sourire retenu cent silences
A la surface de la plage de petit grains gambadent à peine retenus par leurs frères
Des saisons à la peau dure ne se méritent plus
L'enfance s'endort on sort dehors chasser les remords
Deux vers pour celui-là quatre pour celui d'au-dessus équilibre rompu
Le crépuscule s'égaie brutalement le vent pose des devinettes
La houle des siècles s'en va à la dérive
En rainures disparates transparait le secret ton âge de vieil arbre
Les allées et venues du temps inachevé n'éveillent plus personne
Ils ont raison de vivre tous ces hommes de néant plus que d'autres
Prière et repos ouvre les yeux la vérité sera cruelle
Plainte des pluies allons nous choisir tous les deux
Pas de repères ni trace de pas sommes-nous perdus ?
Le grésillement de la radio l'ennui des semences trop loin
Terre insulaire découpe le brouillard et replonge vite
Des colonnes de lettres à l'infini, haïkus photos en mots
Quand le fruit de l'esprit va s'imprimer panne de courant tout est effacé
Voir et revoir les cheveux noirs belle malédiction
Douleur et mort entre dans le corps par l'entaille empoisonnée
Enthousiasme fulgurant cerises attrapées au passages meurent d'un gout amer
Après l'épreuve de la tempête le scarabée s'abandonne
Au nord au lointain les sœurs se courent après et existent pour de faux
Frisson des honnêtes c'est leur squelette qui se promène seul
Des imbéciles se pavanent nus à la recherche de beau
L'écran tendu accueille à bras ouverts ses premières images noires et blanches
Stupeurs voilées au pays de l'aurore boréale
Il y a plus d'oiseaux dans leurs vers que dans le ciel
Les bottes trépignent puis se lancent dans l'ascension du mont
Comme c'est calme aucun vent pour les avions les drapeaux sont mort
L'échine des montagnes s'affaisse doucement une fois qu'elles ont touché le soleil
Timide et empressé le couple enfantin parle l'un après l'autre
Petit à petit les phrases grandissent à tour de rôle
L'immense dehors se baigne du sang des inconnus
L'arbuste a souffert une griffe de chat est resté coincée
Comme un lit sur la mer reflux de vagues sans bouée de sauvetage
Le temps s'achève et tout se vend les chats s'en vont
Sueur et vapeur par une porte entrouverte enfin
Il n'est pas aussi beau que les autres papillons mais il finit par s'envoler
Bientôt les neiges tombent et vont vite masquer la mort des feuilles
Lenteur des chairs roses la larve éphémère n'a pas le temps de penser
Aridité les dunes de ton corps ne sont pas un désert
Je suis très malade Ma main gauche remue mon cerveau et saupoudre ma main droite de mots à écrire
Allons porter aux nues le sommeil des aïeux Allons tisser le fil entre nous deux Allons percer le secret amoureux
Le premier maillon de la chaine s'estompe en manigances
Un serpent de ta chevelure m'étrangle
Voile sur mes yeux sur les oreilles rouges Insensible
Le monde était gris puis l'arc-en-ciel a disparu distribuant ses couleurs
J'irai brader ma vertu Je franchirai le carrefour Peut-être serais-je jugé
Que reste-il de nos paroles qu'un océan de mémoire morte
J'ai vu son dos tout brun et hérissé Cela ne me fait rien
Je rédige je suis la marionnette d'un mort qui me souffle à l'oreille
Même le merle se tait Tout observe en silence la chute de la rosée
L'écrivain est le messie du lecteur Le lecteur est le dieu de l'écrivain
Un menton Des lèvres Un profil de statue
Mon cœur fait vivre un espoir que ma tête refuserait
L'inspiration est la pelle qui déterre les idées
Je veux dormir Je veux couper le courant mais je continue : la feuille est pleine
Qui voudra de cette morale perchée quand l'école brulera ?
Je me laisse moi-même des messages insignifiants pour demain
Mille peintures du matin Pourquoi le crépuscule, après l'œuvre de l'homme n'est-il jamais décrit ?
Tristesse Je m'oublie J'arrive pas à me relire
Allons nous faire normaux Vêtus de brume vêtus de mensonges vétustes
Face à la page blanche je ne m'inspire pas j'expire
Des pas juste à côté se rapprochent Tentative
Maintenant je pense que vous me lirez je souris
Le roseau plie le chêne s'affaisse l'humain casse
Viens au creux de mon bras Mélodie
Quelle perte de temps d'écrire quand on peut dormir
Les jacinthes ordonnées dégustent l'air humide comme les gouttes sur la balançoire vide
Si l'étincelle vacille Si l'eau se tarit L'homme se meurt
Quand l'allumette craque pour une cigarette on tue un univers
L'herbe se plie sous le poids d'une goutte les yeux de la mouche roulent au sol
Tiroir après tiroir les feuilles s'envolent nerveusement et on ne trouve pas
La porte du fond de ma tête s'ouvre je les revois sourire Mélancolie
On a à peine compris le précédent qu'on entame le haïku suivant Ralentis !
On m'a demandé si cette cicatrice était un sillon de pleurs
En une seconde les doigts pris dans la glace me brulent
Je me sens étrange les larmes aux yeux je n'ose pas me relire
Des navires viennent s'échouer sur l'écueil des punitions injustes
Comme c'est facile d'écrire trois lignes comme c'est facile d'être naïf
Ce qui suit ne veut rien dire ce qui suit et ce qui précède ne veut rien dire ce qui précède ne veut rien dire
Tu calcines l'œuvre d'une année en un instant
Essaie de vendre ton éternité tu n'y arrives pas
On trébuche Tombe la porcelaine et vole en éclats
Je crois que je suis libre Je crois qu'on me fait croire que je suis libre
Les pistils sucrés se font balayer et poursuivre inutilement par l'enfant
La clémence n'a plus d'importance tout comme la chance
Est-ce qu'on gravite en une danse infinie tels des planètes ?
J'aimerais écrire en dessins avec des vides et des pleins j'essaierai toujours demain
Parmi bien d'autres mots ceux que tu vois ici ne sont pas à leur place
Des fossiles ressurgissent et des poteries millénaires mais le plastique fond
L'homme en veste sombre se ruine pour un paradis qu'il n'habitera jamais
La méduse s'effiloche est-elle morte ?
Le lierre avale la maison désertée et sème ses graines
Fleur femme fanée Dangereuse Digitale
Une pluie tombe de cette tête fatiguée et se répand en mots
Il veut la voir prisonnier d'un désir insatiable
La mosaïque s'est écaillée Déesse privée d'yeux
Antérieure aux branches au tronc, aux frémissements timides des feuilles fraiches
Les impatients ont dompté leur soif à une petite source
Au nom de la liberté des gardes aux airs brutaux prennent racine
J'ai tant de choses à dire mais je ne sais comment Trois phrases immémoriales Illumination
Va défouler nos sens Abattre des murs tant que cela reste irréel
Ce matin je me souvenais d'un rêve Ce soir j'oublie pour recommencer
Il n'y a pas de longue mémoire rien que le souvenir du précédent souvenir
La rose dans son pichet se penchait
les allées dallées strient le jardin qui s'étouffe
Il y a quelque chose entre la terre et le ciel des villes allongées
Les mâles et femelles sont pris de surprise sous le sceau de la nuit
A l'embouchure du fleuve la piste de l'animal sauvage se perd aussitôt
En haut des tiges sur la soie des pétales deux couleurs se combattent
On ajoute des briques au muret vieillissant Effondrement
Incapable d'écrire sans inspiration Voilà l'homme animal qui pense
Le jour se lève les mouches se posent la confiance se perd
Le violon abandonné est habité par les araignées
Prénom d'homme ou de femme cela compte-il ?
Dans une langue inconnue on confond un air triste avec un hymne de joie
Le monde s'est fait insomniaque quand quelqu'un a parlé du sommeil du juste
Les fréquences changent par les haut-parleurs surgissent des fantômes de notes
Par ici la bouche du poète est close d'un code-barre
Au stylo sur ta peau pas de retour en arrière
Une heure d'ébullition Une vie de lecture Voilà comment je me gaspille
Il est est onze heures après cela, je vais poser mon crayon et éteindre
On va fermer les rideaux et les volets on va parler au futur Toutes ces phrases resteront closes. |
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Rafoufou

Inscrit le : 25 Oct 2007 Messages : 78
| Sujet: Haikus profanes : suite Lun 23 Juin - 15:35 | |
| Il faut un homme pour conduire la machine qui conduit un homme à sa destination
La crinière du nuage se noie dans le bleu
Un à un je ramasse mes cheveux modeste trophée
De vieux enfants s'amassent autour d'une silhouette qui parle de bien petites choses
La pierre sur le rail rompt le cou du train en marche
La dorsale des rêves sert souvent d'armature à quelques textes
Furtivement je passe devant un miroir Reflet grimace
Tout à l'envers se suspend un visage ambigu
En retard elles brodent des excuses mais ne mentent pas
Les yeux convulsifs pleurent devant l'écran devant tant de violence
Vision Vertige Vestiges
Découpés dans le gel fragiles cristaux
Voyageurs qui trottent sur le cadran du monde
L'animal sauvage glisse entre mes doigts comme de l'eau pure
Pour la même toile deux araignées s'attaquent Caresses instinctives
Le poisson errant souffle une bulle dans l'eau et plonge la tête dans ce rêve
Je connais ton visage, ton odeur ta voix, ta douceur mais pas ton gout
Tous ces immeubles de plus en plus haut sont un escalier
Râle Injure Tâche d'encre
Tempête Le toit s'envole sans sa maison
Le soleil, à ma hauteur colore en jaune la salve sauvage
La mante touche à la fin de sa vie Le garçon touche une mante du doigt
Un pèlerin évite une vague écrase un coquillage
Jetée en pâture une question glaçante
Ce qui flotte dans la tête sans papier se perd |
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Rafoufou

Inscrit le : 25 Oct 2007 Messages : 78
| Sujet: Tentatives de haikus métrés Lun 23 Juin - 15:38 | |
| Dans le faible vent plane le parfum morne de la poussière
Comptine futile brièvement résonne sur l'embarcadère
Aujourd'hui on coupe l'arbre planté autrefois pour ma naissance
Ouverture claire la terre ne saigne jamais mais elle gémit
Il dit dans sa folie une ode aux équinoxes sans s'en rendre compte
Les bancs d'oiseaux passent sous la bannière délavée emportent des morceaux
Les yeux du magicien cherchent ses mains et ses pieds qui ont disparu
Je ferme le portail au revoir parc étendu tu ne chantes plus
L'œuvre de l'homme est musicale : le toit en tôle sonne sous la pluie
La plante et l'insecte se contemplent pensivement une idée germe
Métronome des jours perd le fil des comptes et s'arrête soudain
La mousse grise a le gout de l'orage et remplit le ciel
Empreintes et cheveux quelqu'un est déjà venu admirer des mots
La vague mer lèche la terre qui jouit en forêts, vents et laves |
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