Un souffle de poésie
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Poèmes

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Rafoufou




Inscrit le : 25 Oct 2007
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MessageSujet: Poèmes   Sam 10 Nov - 12:59

Espoir vertical

Nous tenons le bout du fil
On n’ose pas le lâcher
Ne serait-ce qu’une seconde
Juste le temps de souffler

Un infime instant de clairvoyance
Tout lâcher, retomber
Pas de mains pour saisir la chance
Adieu les corps éveillés…

Si je pouvais dormir je pourrais rêver
Mais ils m’ont pris jusqu’à mon sommeil
Passer du temps de l’autre côté
Au lieu de grimper vers le Soleil

J’ai pris une corde qui pendait
Parmi des milliers qui tombaient
On monte, on ne sait pas où ça mène
Vers des pays de violence reine…

Si je pouvais t’entendre, te parler
Te projeter ce qui rôde dans ma tête
Des racines à l’écorce égratignée
On les caresse pour que tout s’arrête

Les limbes se blessent en nous regardant
Nous, particules accrochées au néant
On se persuade qu’il n’y a plus que dix mètres
Moins que l’horizon ne laisse paraître…

On vit là suspendu sans ciel ni terre
Abandonnés de toujours, sans repères
Des voix filtrent à travers la pierre
Qui résonnent comme des courants d’air

Je ne sens plus le froid sur ma peau
Il y a bien longtemps que je l’ai perdue
Le cri du vent, la morsure de l’eau
Ne sont plus que souvenirs éperdus…

Nous dévorons cet espoir vertical.


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Rafoufou




Inscrit le : 25 Oct 2007
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MessageSujet: Il se tient debout   Sam 10 Nov - 13:00

Il se tient debout devant la porte close
Au dessus de ses pensées
Gravitent les étoiles roses
Pendant des millier d’années

La passerelle le mène vers la porte
Matière noir qui la compose
Un flot galactique l’emporte
Et c’est en vain qu’il s’oppose

La naissance l’attend
La renaissance le prend
Derrière la porte de nacre
Se perpétue le destin de chaque âme
Voici le temps du sacre
Redeviendra-t-il homme ou femme ?

La poignée est lourde mais tourne
Derrière l’attend comme à chaque fois
La longue lumière sourde
A ses cris empreints de paranoïa

Et voilà tout est reparti
Pour que continue le cycle de la vie…

Dix fois cent fois mille fois
Cent milliards de fois
Durant l’éternité du l’univers
A chaque fois une nouvelle vie
Et a chaque fois tout se finit…
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Rafoufou




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MessageSujet: Abysse   Sam 10 Nov - 13:02

Abysse

D’une sombre énergie qui faisait palpiter l’air
Où le manque d’oxygène faisait tourner la tête
En nous tous la force et la sauvagerie d’une bête
Quand nous sombrons dans les vapeurs d’éther
De l’ennui lancinant qui nous pique et qui nous mord sans nous réveiller
Dans la chute brutale de l'abysse claire et si connue de l’éternité

Croies-tu donc me vaincre à ce jeu où seuls les âmes peinées réussissent ?
A cette question nulle réponse puisque c’est à un pâle reflet que je parle
Une conversation creuse et noire
Quand on s’adresse à son miroir

Puis-je t’offrir alors un ciel d’un vert saturé vers lequel nous tomberons
Avec le sourire de la seconde joie sans jamais toucher le fond
Sous les pas le pré rouge de la vérité occultée
Entité cachée et sournoise qui nous déchire ?
Alors pousse moi repousse moi de toute la force de ton ire
Tant que nous tombons encore sans le sol opale sous nos pieds

Douce mélodie que notre voix dans les résonnances absentes de l’infini
Sombrant par milliards la main tendue vers les lumières défendues
Criant par la peur et la joie de mourir si vite sans notre vie finie
Nous arrivons au terme d’un long voyage là les notions n’existent plus

Au fin fond de l’espace et des miroirs la réponse nous attend
Cachée parmi les astres la lueur du diaphane mystère
Des milliards de mains tendues a travers le temps
Qui nous sépare encore de cette vierge terre

Toucher du bout du doigt la connaissance
Lumières défendues
Là où les notions du bien et du mal n’existent plus

Et ils brulèrent…
Pauvres fous que cette humanité qui voulait savoir

Et de là-haut l’œil nous regarde

Expérience ratée


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Rafoufou




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MessageSujet: Evadés   Sam 10 Nov - 13:02

Evadés

Evadés, fuyards
Vipères lâchées
Libérées, vampires
Dans les ruines ardentes
Vous semblez si fragiles
Mais du fer liquide
Vous mord dans le bras
Quel étrange endroit
Cathédrale de fourmis
Sans cris
Calme
Paradis des monstres
Loin de l’enfer des pourris
Vous êtes dieux ici
Les gouttes n’atteignent pas
Vos lits, votre sol
Souillé de guerres
Les yeux insensibles au vert
Question de point de vue
Infiniment petit ou gigantesque
Proche du paradis des pourris
Morale torturée
Fureur qui réchauffe
Maintient en vie
Peur de la lumière
Sur le feu des haut-parleurs
Vous êtes entourés de clôtures
Pour votre bien
Nous,
Nous sommes protégés
Du dégoût de ce monde parfait
Laissez les mécontents de l’autre coté des routes
Du mur
Fracas des décollages
Ils repartent vers des pays
Qui n’existent plus
Que sur les une de journaux
Les parcs seront stériles
Atmosphère sur commande
Pluies sur les ruines
Chaleur sur les toits
C’est le cycle
Depuis des siècles
Et les colonnes des fumées noires
Dépassent l’horizon
Vers les pays qui n’existent plus
Et tombent sur de gens qui n’existeront plus
Pendant que les autres dorment
Du sommeil des justes
Et rêvent d’un univers affreux
Où ils n’ont pas ce qu’ils veulent
Ce n’est pourtant rien demander
Fondations sapées
Que ce toit qui penche
Et écrase
La cathédrale des fourmis
Et les monstres qui la peuplent
Devront-ils s’en aller ?
Mais alors, qui puniras les méchants petits ?


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Rafoufou




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MessageSujet: La tête dans un bocal   Mer 14 Nov - 21:17

La tête dans un bocal
Tu bois du verre pilé sur la musique
Tu es comme moi
Prisonnier du rythme
Des battements
On n’entend que ça
La tête dans le bocal
Dans la boite à musique
Toujours plus ; la manivelle entre les dents
Pour continuer le son
Qui apaise du dehors.
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Rafoufou




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MessageSujet: Le cercle   Mer 14 Nov - 21:17

Le cercle

Sur le bord des routes
Loin
battant
le cœur enlevé
lavé d'eau de pluie
terne
étranger sur ces terres
encore palpitant
Malmené éreinté

Les apparences fondantes
voient de l'extérieur
Nous

Dans le cercle de lumière
A deux
Cercle lumineux
cercle vicieux
Ils se dévorent entre eux

Et ceux qui sortent du cercle
ont perdu.
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Rafoufou




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MessageSujet: les dragons   Mer 14 Nov - 21:18

Les dragons de l’inspiration m’assaillent
Les collines de l’aurore baillent
Il s’oppose aux angles des rues
Et à la ligne de la vue…

C’est un sombre poète qui marche et marche
Et crève…
Le sillage de sa longue démarche
Semé de rêves…

Il est venu me chercher, me cacher
Dans sa cape de pensées
Je veux qu’il me prenne parce qu’il le faut
Sans cette partie de dés je ne supporte plus mes maux…

Il passe de fêtes en défaites
Sans lever la tête…
Je me serre dans son ombre
Car il considère plus la face que le nombre…

Trois notes de musiques pour son humeur
Il marche et marche avec ardeur…
Je le suis avec toute ma peine
Les murs s’écartent pour laisser des plaines…

C’était bon de marcher sur l’herbe rouge
Suivant le regard du manteau qui bouge
Il préférait rester en marge…
C’était sans doute plus sage

Nerveux de la pointe de la plume
Caressant l’aura comme une senteur qu’on hume…
Distillant les récits parmi les soirées
Retardant la nuit qu’on ne sait arrêter…
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Rafoufou




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MessageSujet: Instant   Mer 14 Nov - 21:19

Instant

Tout est affaire d’instant
Chaque instant est profond
Mais chacun différent
On peut être en haut des marches
Ou en bas
Comme un pantin jeté de haut
Désarticulé
Et comme on ne remonte jamais
D’autres marches apparaissent
Toujours plus bas
On est rejeté du haut de l’escalier
Ça creuse des villes dans le marbre
A force de poser les mains
Les marches sont vivantes
Puisqu’on est inanimé
Ce sont elles qui nous crachent
Toujours plus bas
A chaque instant son ambiance
Son parfum, ses rêves écorchés
Qui impriment la mémoire
De ces fantômes fusant le vide
Le peignant de couleurs
Sculptant les formes
Au delà de l’escalier
C’est un monde qui de créé
Miroitant, lumineux
Et nous, inanimés, prisonniers
Des marches inaccessibles
Nous sommes désarticulés car nous le voulons
On suit la voie du marbre
On se statufie
Seuls les esprits de nos mémoires
Nos témoins
Dévoilent la réalité, la changent, la mentent
La hante
La hurle, la trempe de poison
Pour nous seuls
Seuls comme eux
Dépendants, grimpants, vivants
On rompt le bois et la peau
Dans un ultime accès de vivre
Les choses qui nous font reviennent
J’ai faim, j’ai froid, je meurs
Je suis en bas de cet escalier
Blanc et noir
Autour, les couleurs, les formes, le monde
L’univers diaphane
Inaccessibles
Je remonte
Les aiguilles tournent à l’envers
Je remonte ma pendule
Mon espace et mes époques
Mes siècles et mes dynasties
Mes millénaires de pierre et de fer
De feu et de veines
Traversant le temps
Je trotte sur le cadran
Les marches défilent plus vite
L’air s’ouvre devant moi
Fait vibrer les formes, les nuées
Les atmosphères
Les changent en vampires
Je suis poursuivi
Mais je vois le bout
Enfin lueur espérée !
Bourreau de mes craintes
Et de mes espoirs à la fois
Je m’éreinte et je me perds
Dans cette ligne droite
Les ombres de prolongent
Crépuscules et nuages sur l’escalier
J’atteins le sommet
Là où j’ai décidé
De me laisser tomber
Comme une marionnette
De la chair au bois
Du bois à la pierre
Recraché à chaque palier
Toujours plus bas
Après une longue nage parmi les étoiles
J’en étais ressorti couvert de sel
Statufié
Fatigué, raccroché à la rive
Découragé
Là où j’ai pris la route
Coupée du reste
Tranquille et uniformes
Coupant le monde
Là où tout commence
Je suis au dernier palier
Voilà la mer
Voilà le couloir
Voici l’extérieur
Décor planté, germé
De mon choix
Je ne referais pas le même
A moi le dehors
Je me fonds enfin
Parmi les formes, les couleurs et mes légions d’ombres
Derrière la paroi
Enviée depuis des yeux fossiles.
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Rafoufou




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MessageSujet: Paysages   Lun 19 Nov - 21:15

Comme un paysage gelé en surface ; attendant qu’on le crève, qu’on le gratte et libère les trésors souterrains, les mains froides de folie. Comme une vitre inaccessible par ses reflets, sous les yeux proches jusqu’à l’impossible. Comme un animal qui se déglingue, perd ses pièces en cours de route et rapetisse. Comme les statues qui parlent la nuit noire tombée et s’effritent volontiers pour revenir au coffre à jouet. Comme un menteur créateur de mondes parfait dans la tête des enfants… menteur… menteur… tout le temps… et on l’oublie lui, pas son monde merveilleux, et il est tranquille. Il rit dans l’ombre. Il a comprit lui, il sait, lui. Seuls les méchants peuvent se vanter de connaître le monde car c’est la vérité, il faut être aveugle pour sentir le monde et rester sain. Comme l’incompris et sa soif. La soif. La soif c’est de ne plus se sentir. Comme les îles au loin des sciences. Comme l’auteur du texte ultime dans son esprit et qui ne peut pas l’écrire. Comme la pluie qui noie le soleil. Comme le bleu et les pétales brulées qui s’étreignent…
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Rafoufou




Inscrit le : 25 Oct 2007
Messages : 78

MessageSujet: Cosmos   Lun 19 Nov - 21:16

Elles nous observent et nous guident
Depuis l’aube de la ronde
Jamais de faiblesses ou de rides
Et ce jusqu’au crépuscule du monde

Elles nous réchauffent et nous entourent
D’amour et de haine
Nous voient grandir et mourir avec peine
De haine et d’amour

A travers la glace sans teint
De notre brève destinée
Une main qui nous tient
Jamais ne nous trahissez

Vous l’espoir la force l’espérance
Dans notre brève existence
Tapies dans la mentalité des Humains
Une main qui nous tient

Nous vivons par vous
Nous aimons par vous
Nous pensons par vous
Nous survivons par vous
Nous réagissons par vous
Oui nous survivons par vous…

D’amour et de haine

Valeur enfouies sous le cosmos de nos pensées
Tous nous les avons un beau jour cachées
Dans le cauchemar des réalités entremêlées
Nous avons crié hurlé pour vous appeler

Nous haïssons par vous
Nous nous battons par vous
Nous détestons par vous
Nous nous effrayons par vous
Nous nous tuons par vous

De haine et d’amour

Vous nous guidez
Vous nous aimez
Vous dépendez de nous
Vous survivez par nous

Vous existez par nous
Parce que nous croyons en vous
Espoir force espérance
Amour et haine
Vous n’existez pas

Nous croyons juste en vous parce qu’il le faut
Sinon à quoi bon la vie ?
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Veritseger
Admin



Inscrit le : 22 Juin 2007
Messages : 190
Localisation : Quelque part entre la Terre et Saturne...

MessageSujet: Re: Poèmes   Mar 20 Nov - 14:52

A quoi bon la vie? On se le demande... A rien, peut-être? Mais qu'importe! Elle est là, faisons avec...
_________________
Là où le silence et la solitude
Croisent la nuit et le froid,
J'attendis comme on attend en vain,
Si net et si précis était le vide.

Sophia de Mello Breyner
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Rafoufou




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Messages : 78

MessageSujet: C'était un jardin   Dim 25 Nov - 19:21

C’était un beau jardin grand comme le monde
Écoutant la terre qui gronde

La peste soit d’Eden

La corruption s’étend
Sèche comme la pierre
Sans sentiments
Ni peur ni frontières

Regardez ancêtres
La pourriture ici-bas
N’a pas de raison d’être
Et pourtant elle est là

La plaie se répand
Foudroyant le pommier
Surplombant les rivages
Détruisant les bois brulés
Sans sentiments
Elle continue ses ravages

La noirceur mécanique
Pourrit les branches tombées
Sous vos yeux cyniques
Ancêtres dépravés

Admirez ancêtres
Eden fane
Eden pourrit
On ne nous l’a pas donné
Mais on le détruit…

La peste soit d’Eden
Il ne nous appartient pas
Toujours plus de gangrène
Sur les jardins divins
Et la vie s’arrêta
Au lendemain matin…

Nous vengeons-nous pour notre exil
D’il y a des millénaires
Corrompre notre mère nous semble si facile
Tout comme notre piètre terre

Toujours
Torturant notre mère
Pestiférant les terres
Et brouillant l’atmosphère…

Elle nous a donné son ennemi
L’intelligence de détruire
N’épargnant aucune partie
De son corps à nuire

Admirez ancêtres
Eden fane
Eden pourrit
On ne nous l’a pas donné
Mais on le détruit…


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Rafoufou




Inscrit le : 25 Oct 2007
Messages : 78

MessageSujet: Désert   Dim 25 Nov - 19:24

Sa marche est sans fin
C’est un désert qu’elle traverse
Errante du soir au matin
C’est un désert sans averses

L’instinct de survie l’anime
Et elle foule de ses pieds
Cette grande foule anonyme
Qui pardonne par milliers

Le grain de sa peau est comme eux
Les grains de sable
Paysage toujours jaune et bleu
Sous le vent sec foule affable

Elle heurte les épaules passantes
Les dunes l’observent avancer
Le soir dessine des ombres mouvantes
Dans la multitude emprisonnée

Aucun ne le regarde tomber
A genoux parmi les grains
Bien improbable destinée
Que celle où on lui tend la main

Mais là une esquisse
Une main attrape son bras
La relève avec délice
Elle n’est plus seule dans ses pas

Les gens qui l’évitaient
Regardent à présent en bas
Et la voient
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Rafoufou




Inscrit le : 25 Oct 2007
Messages : 78

MessageSujet: Errant en pleine lumiere   Dim 25 Nov - 19:25

Errant en pleine lumière
Je me demande
Où est chez moi ?
La bouche grande ouverte
Je bois l’air comme il vient
Froid et toxique
Soleil blanc sur la route
Emmitouflé sous les écharpes
Des tonnes de tissu contre le froid
Me font peiner un peu plus
A chaque pas
Seuls les crissements du sol
Transpercent le silence
Et mon souffle diminue

Pluie sur la peau
Je suis étendu à terre
Faim et soif
Ça veut dire que je suis vivant
Plus de neige, de la pluie
Toujours la lumière crue
Sans arc-en-ciel
Trempé, les vêtements
Aspirent l’eau sans fin
Les gens courent
Leurs jambes défilent

La nuit cette fois
Du feu au loin
Trop loin pour me réchauffer
Toujours la fuite
Le piétinement
Un enfant apparaît
Dans mon champ de vision
Il est tombé dans l’eau
Il pleure, tout le monde
Passe sur lui
Il est comme moi
A la seule différence
Que je suis encore en vie

L’aube, le froid toujours
Pas de force
Je ne veux pas me lever
Des corps écrasés
Mais plus de vie
Ni de mouvement
Les flaques s’évaporent lentement
On voit peu de choses
Au niveau du sol
Mais je perçois une pulsation
Le tremblement s’amplifie
Du noir sur les yeux

Nouveau réveil
Je suis décidemment
Coriace contre le froid
Des silhouettes debout
Marchent au pas
Dans le sens inverse
De celui où sont partis
Tous les gens

Des soldats porteurs de mort
Avancent près de moi
Je suis mort pour eux
Ils ont l’air satisfaits
Il ne peut en être autrement
Quand on tient la crosse du fusil
Le fracas de leurs bottes
Résonne sur mes tympans
Fatigués, si fatigués

L’engourdissement perdure
J’entends de moins en moins
Sauf si c’est le silence qui s’installe
Je suis donc seul
Je peux faire le mort
Sans crainte d’être découvert

Je le veux
Il s’agira de mon plus grand effort
Depuis que je suis allongé ici
Les mains paralysées
Se réveillent
Sortent de la léthargie
De l’hibernation même
Une grande poussée
Une grande douleur
Et me voilà
Sur le dos
Je me suis épuisé

La lumière du soleil filtre peu
Des oiseaux caressent le lait
Des nuages gris
Il pleuvra encore
Ça y est les premières gouttes
Tandis que je m’endors

Des mois ont passé
Le printemps
Me réchauffe
Le vert s’installe
Mes yeux en avaient oublié
La saveur
L’herbe pousse
La nature n’est pas morte
Le sol n’est plus dur sous moi
Je crois que je vais rester encore un peu

Je suis mort pour tous
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Rafoufou




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Messages : 78

MessageSujet: Voix déformée   Sam 1 Déc - 19:20

Impressions de tout connaitre
de tout avoir entendu
que les paroles ont d'autres maîtres
d'ignorer ce qu'ont a su

Tu reviendras, évidemment
comme chaque fois
on est double maintenant
habitue-toi
à moi

Tu allonge ta liste
bientôt je m'en irai
restera tes fichus poèmes
idéalistes
toujours les mêmes
bientôt je m'en irai
restera l'encre noire
au revoir

La voix grésille encore
derrière la porte
au fond me voilà
au fond te voilà
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Poèmes

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